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  • Le train, un coin d'enfance

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    Débarrassé des pesanteurs

    Lorsque le train prend son élan,

    L'homme s'évade avec lenteur

    Des tracas lourds et accablants.

     

    Les tentacules d'une ville,

    Viles usines encombrantes,

    Plongent la souillure servile

    Dans les campagnes enivrantes

    Fleurant bon le pays fourré.

     

    Le soleil plein de mimosas

    Déroule avec ses doigts dorés

    Le tapis mouvant de colza

    Suivant à reculons l'oiseau

    De vénus, la blanche colombe

    Et la fauvette des roseaux ;

    Chantant à travers monts et combes.

     

    Le train, ce serpent à lunette,

    Rampe sur la colline verte

    Bouclée de maintes maisonnettes,

    Tout au long des vignes inertes

    Lorsque le raisin est encore

    Dans les entrailles du printemps.

     

    L'homme se grise au décor

    De la colline s'arc-boutant

    Contre le fleuve entortillé

    Suivant les sinuosités

    Des flancs abondamment striés

    S'exposant à l'immensité.

     

    Le train de son enfance file

    Sur de lénifiants souvenirs :

    Les rails le reliaient au fil

    D'un éblouissant avenir

    Se propageant dans le salon ;

    Mu par la fibre voyageuse

    L'enfant parcourait le vallon

    Imprégné de verve outrageuse.

    David Frenkel (publié sur De Plume en Plume qui en a fait l'illustration)

    A écouter : https://www.youtube.com/watch?v=4Sr6d_ocbfk